l'homme qui avait enterré un appareil photo à la place de son père.

l'homme qui avait enterré un appareil photo à la place de son père.

À 16 ans, j’ai commandé une cassette vidéo par erreur sur Amazon. 

Elle avait un titre inspirant: « Notebook on cities and clothes ». Le réalisateur s’appelait Wim Wenders. 

J’imaginais recevoir un film. 

C’était au contraire un documentaire sur le couturier japonais Yohji Yamamoto. 

Je n'étais pas du tout intéressé par la mode. 

Et c'est ainsi qu'à commencé ma fascination pour Yamamoto. 

Signé Yamamoto

Signé Yamamoto

J’ai découvert que la mode ce n’était pas uniquement des costumes improbables déambulant  devant des journalistes. 

J'ai découvert un homme qui crée des présences et des apparitions.

Un homme qui coud des poèmes que l'on peut porter sur ses épaules et dans lesquels on peut enfiler des jambes ou des bras. 

Récemment, le V&A Museum de Londres a organisé une grande rétrospective du couturier. 

Par chance, je vivais dans le coin. 

Je m'y suis donc rendu. J'en suis reparti avec sa biographie au titre pour le moins surprenant: my dear bomb. 

Yamamoto au travail. 

Yamamoto au travail. 

Entre autres histoires on y apprend celle de son père. 

Parti à la guerre, l'homme n’est jamais revenu. Son corps n'a pas été retrouvé, évaporé dans le choc des armes. 

Mais il fallait procéder à un enterrement. 

Et c’est ainsi qu’un matin, la famille Yamamoto a placé un appareil photo dans un cercueil et l’a cérémonieusement enterré dans le cimetière du quartier. 

Scène curieuse au possible. 

C'est que son père aimait la photographie.

Et que l’on se souvenait de lui ainsi: comme d'un homme passionné avec un appareil photo. 

Cette histoire nous renvoie une question difficile. 

Et nous? 

Quel objet enterrerait-on à notre place? 

C’est la question que l’on devrait se poser chaque matin.

Une question violente. 

Mais une violence salvatrice, qui invite à regarder sa vie avec plus de sévérité. 

Elle nous rappelle que, si nous n'y prenons pas garde, on pourrait bien finir par enterrer une télécommande, une canette de bière, un téléphone portable à notre place. 

Ou pire encore: les touches ctrl+c et ctrl+v de notre clavier. 

On est ce que l'on fait. 

Et on peut toujours faire mieux. 

 

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